Des traces d'alimentations faciles à trouver...

... même en ville, même dans le collège


Les guides de déterminations d'animaux sont utiles et très bien faits. Néanmoins, ils ont quelques petits défauts. Ils négligent habituellement les traces laissées par des petits animaux (insectes, mollusques...) et ne sont pas d'un très grand secours en zone urbaine.

Par exemple, en région parisienne, il faut se contenter de parcs et de bois très fréquentés, donc pauvres en espèces sauvages.

Pourtant, de nombreuses découvertes restent possibles...


En pleine ville

Partout en ville on trouve des allées de troènes et très souvent on constate que les feuilles comportent de petites encoches arrondies.

 

C'est une une toute petite abeille - la Mégachile - qui est responsable de cet indice très courant.


Quant à la trace d'alimentation la plus courante partout, c'est la perforation laissée dans les feuilles par les limaces ou les escargots.

La bouche munie d'une rappe, ces mollusques laissent un trou au milieu de la feuille, contrairement aux insectes dont les pièces buccales découpent la périphérie.

 

Au niveau sixième, c'est simple :

- un trou au milieu = limace ou escargot

- un trou sur le côté = insecte


Si vous croisez un marronnier, vérifiez s'il n'a pas subi l'attaque de Cameraria Orhidela, appelé aussi "mineuse du marronnier", un parasite introduit en France en 2000 en provenance des Balkans. 

Sur les trainées jaunes laissées par le passage de la larve, on distingue des traces brunes qui permettent d'apercevoir par transparence la larve ou le cocon.


Et s'il s'agit d'un peuplier, on peut récolter sans difficulté des galles, qui déforment le pétiole des branches basses.

 

Les galles contiennent des dizaines de pucerons sans ailes - Pemphigus spirothecae - qui se renouvellent par parthénogenèse.

En se nourrissant de sève, elles rejettent du miellat qui, en séchant, forme une sorte de coton.

A l'automne, on y trouve aussi des femelles ailées, qui assureront la colonisation d'autres arbres en allant pondre dans l'écorce.



Ensuite, parlons des excréments.

 

Inutile d'être un expert ; ceux qu'on rencontre le plus fréquemment sur les trottoirs urbains en dehors des cacas de chien, ce sont bien sûr les fientes de pigeons (ci-contre)

On les reconnait à leurs dépôts blancs, dus à l'urine rejetée en même temps.

Des plumes, des œufs cassés sont autant d'indices de la présence de ces animaux opportunistes.


L'excrément d'animal sauvage qu'on croise le plus souvent sur les trottoirs pour peu que la ville soit bordée d'une forêt ou d'une friche industrielle, c'est celui du renard, qu'on reconnait au fait qu'il contient parfois des  noyaux de fruit et qu'il est souvent en évidence pour cause de marquage territorial.

 

 

Ci-contre, il s'agit en réalité d'un excrément de fouine, plus petit.


Nous pourrions évoquer également les excréments de souris, de rats, d'écureuils, de hérisson, etc. Les sources documentaires ne manquent pas, inutile donc de refaire un travail mieux fait par d'autres.

 

Ça parait évident, mais il nous faut le rappeler : non, on ne ramasse pas les excréments, vecteurs de maladies, ou alors avec une pince afin de les enfermer dans un récipient hermétique. Sur le terrain, en cas de rencontre, le plus simple est encore de prendre la photo qu'on pourra ensuite exploiter en classe.


Dans les parcs et forêts

Prenons un parc forestier en Île de France, très fréquenté par le public et forcément pauvre en espèces sauvages.

 

Accordons nous une demi-heure.

 

C'est clair, le livre de traces ne nous sera d'aucun secours. Ce n'est pas là qu'on va croiser des crottes de chevreuil ou des traces de sabots de sanglier. Peu de chance non plus qu'on y récolte des noisettes ou des pommes de pin décortiquées par des écureuils et autres rongeurs. Ça reste possible, mais ce n'est certainement pas garanti.

 

Et pourtant, quelques récoltes sont possibles, en une demi-heure...

Les ronces, plantes particulièrement facile à reconnaître et présentes dans quasiment toutes les zones boisées comportent très souvent sur leurs feuilles ce graphisme si particulier.

C'est une larve, la larve de nepticule, qui est responsable de ces traces. La ligne s'élargit progressivement à partir d'un point, là où l’œuf a été pondu. Ensuite la larve grossit au fur et à mesure qu'elle se nourrit du parenchyme de la feuille jusqu'à sortir au bout de la ligne.


Quittons un peu le sentier jusqu'à rejoindre des souches d'arbres.

 

En cherchant un peu, il arrive que l'une d'elle ait servi de "forge à grive". c'est ainsi qu'on désigne le support rigide lui permettant de déchiqueter des coquilles d'escargot ou, à défaut, des châtaignes.


La grive n'est pas un oiseau très commun dans nos forêt, mais elle utilise largement les souches disponibles et les traces qu'elle laisse restent longtemps.

Ce ne sont pas toujours des coquilles d'escargots.

Dans les forêts de châtaigner de l’Île de France, ce sont souvent des châtaignes qu'on découvre déchiquetées.

 

 

Sur la photo ci-contre, on voit bien que les coquille d'escargot sont associées aux châtaignes, indice que la grive a diversifié son menu.

 

(cliquer sur chaque photo pour agrandir)


Petite remarque : il est plus difficile de trouver sur le net une image de châtaigne décortiquée par une grive que d'aller la photographier soi-même en forêt ! Essayez donc... personnellement, je n'ai toujours pas trouvé une requête qui ne soit pas court-circuitée par des considérations culinaires.