Réaliser des lames de microscope...

... comme celles qu'on voit dans le commerce


Imaginons une récolte imprévue, qu'on aimerait pouvoir montrer et réutiliser à volonté les années suivantes.

 

La question est :

Comment les conserver dans un tube à essai, ou mieux, sous forme d'une préparation microscopique digne de celles qu'on trouve dans le commerce ?

 

Baume du canada, produits sophistiqués, savoir-faire de laborantin chevronné ?

 

Rien de tout cela, car il y a plus simple...


 

La recette, ce sont les suppositoires à la glycérine disponibles dans n'importe quelle pharmacie pour quelques euros.

 

Ils sont formés d'un mélange de glycérol et de gélatine. Il suffit donc de les faire fondre. La température rectale suffit, mais il existe des solutions plus pratiques.

 

 



Pour commencer, déposer une goutte de glycérine fondue sur la lame.

 

La première fois, on en met trop ou pas assez. Il vaudra mieux les jeter que de s'embêter à rattraper le coup. Ce n'est pas grave, c'est comme les crêpes, on rate en général les premières. Le coup de main viendra vite.

 

Cliquer sur chaque image pour l'agrandir



Ensuite, on dépose l'échantillon par dessus.

 

Remarque : comment fait-on pour conserver la collection en attendant le moment propice pour réaliser les lames ?

On les conserve dans un mélange comportant de la glycérine - ou glycérol - afin d'imprégner les micro-poils de l'échantillon du même produit que le suppositoire. Le but est d'éviter l'apparition de bulles qui gênent l'observation.

Comme le mélange est un peu visqueux, on le rend plus fluide on ajoutant une part égale d'alcool, propice à une meilleure conservation.



Etape suivante : on dépose la lamelle de microscope.

 

Ce n'est pas grave si la bulle de produit s'est solidifié et empêche le contact de la lame et de la lamelle. Ce n'est pas en appuyant dessus qu'on y parvient, mais en utilisant la flamme d'une bougie (voir ensuite). 



C'est sans doute l'étape la plus délicate.

 

Si on approche trop la flamme de la lame, le liquide risque de bouillir, avec l'apparition de bulles. Inutile d'insister, celle-là est à jeter. 

 

Ce qu'il faut, c'est retirer la lame dès qu'on voit le liquide s'étaler jusqu'aux rebords de la lamelle. Plusieurs essais sont parfois nécessaires.

 



Dernière étape, "lutter" la lamelle.

 

Le produit idéal, ce n'est rien d'autre que du vernis à ongles transparent.

 

Sa fonction : isoler l'échantillon de l'air pour sa conservation, mais surtout prévenir l'écoulement du produit pour peu qu'il fasse chaud l'été dans le labo (rappelons qu'il fond à 37°C).



Lorsque le coup de main est pris, on peut passer au travail à la chaîne, pour constituer une vrai collection d'une vingtaine de lames.

Si la première prend un peu de temps, cette étape-là va beaucoup plus vite que prévue.

 

Concernant les échantillon trop gros pour que la lamelle adhère totalement à la lame, on peut utiliser une lame à concavité.

 



Pour les échantillons de grosse taille, on peut utiliser un tube à essai, comme sur la première image.

Il faut plonger l'échantillon dans le produit liquide, mais il faut surtout veiller à ce qu'il ne remonte pas à la surface. Pour cela, on peut couler à nouveau du produit dessus et le passer sous un filet d'eau froide pour figer le tout.

 

Toujours penser à contrôler la qualité de l'échantillon à la loupe ou au microscope.


Ci-contre, l'activité telle qu'elle se déroule lors du stage laboratoire de la DAFPA.